Monnaie moderne

La monnaie (du latin moneta) est un instrument de transaction dans un matériaux solide tel que le métal. La monnaie se définit selon trois critères conventionnels : par son étalon (poids de référence de la pièce), son aloi (la proportion de métal précieux par rapport à celle de métal vile dans la monnaie) et son estampille (la marque d’authenticité de l’institution émettrice).

Quelles sont les caractéristiques de la monnaie moderne ?

Les monnaies modernes, dans leur définition française, sont frappées entre la Révolution française (1795) et la disparition du franc avec l’avènement de la monnaie unique en 2001. Notre point de départ peut être considéré comme une révolution monétaire dans la Révolution. La mise en place du système décimal par le décret du 18 germinal an III (07 avril 1795) relatif aux poids et mesures vient mettre un terme à un système monétaire alors millénaire. Dorénavant, un franc est égal à cent centièmes et le cours légal du franc est à 4.5 grammes d’argent pur. L’ancienne division en livres, sous et deniers est délaissée au profit du franc, du décime et du centime.

Les moyens industriels de production se perfectionnant au cours du XIXème siècle, la frappe, la taille ainsi que la mesure de la monnaie suivent des procédés automatisés et davantage précis qu’auparavant (voir les fiches « monnaie féodale » / « monnaie royale française »).

L’émergence d’une monnaie internationale

L’intensification des échanges commerciaux à une échelle internationale interrogeait déjà les économistes du XVIIIe siècle sur les besoins d’une monnaie d’échange internationale. C’est alors que la première monnaie des temps modernes à avoir été utilisé au niveau international été le thaler autrichien. Dès les années 1750, l’impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg fait frapper le Konventionstaler dans le but qu’il circule dans l’ensemble des territoires du Saint-Empire romain germanique. Mais, dépassant ses espérances, le thaler est utilisé dans les colonies d’outre-mer et plus particulièrement dans les colonies espagnoles et britanniques d’Amérique mais encore en Afrique de l’Est et de l’Ouest.

La monnaie autrichienne entre en concurrence directe avec les réaux espagnoles (les pièces de huit également appelées piastres) et le rixdale des Provinces-Unies. En 1776, durant l’indépendance des États-Unis d’Amérique, en signe de protestation à l’égard des pounds anglaises, le gouvernement américain adopte le thaler germanique donnant naissance grammaticalement au dollar.

Les substitutions de la monnaie de papier aux pièces métalliques

En raison d’une monnaie officielle très faible et encombrante, les premiers billets de banque (voir la fiche « le billet de banque ») font leur apparition en Chine au VIIIe siècle durant la dynastie Tang (618 – 907). Qualifiée dès le début de « monnaie volante », elle marque l’étonnement de Marco Polo ne pouvant s’imaginer de monnaie n’ayant aucune valeur « matérielle » intrinsèque.

Il faut attendre 1661 pour que la première monnaie de papier émerge en Occident. A la suite d’une grande pénurie d’argent pour frapper les numéraires, la Suède instaure les lettres de change. Le royaume de Suède adopte en 1745, à la suite de cet événement, le billet de banque comme monnaie officielle.

À la fin du règne de Louis XIV, la France est couverte par une grave crise économique et monétaire. L’économiste écossais John Law propose de mettre un terme aux dettes laissées par le Roi-Soleil en instaurant une monnaie de papier. Cependant, les fortes spéculations sur les différentes sociétés de l’économiste engendre la banqueroute du système de Law. Malgré l’échec de cette monnaie papier dans les esprits, une autre tentative survient durant la Révolution française. Dès 1789, le Trésor national a imprimé des assignats dont la valeur était gagée sur les biens nationaux (lot de 14 planches de 20 assignats vendus par la maison Alde le 29 novembre 2012 pour 732€). Ces derniers désignent tous les biens et possessions de l’Eglise confisqués par la Première république. Mais pour l’assignat imprimé en masse, ce qui devait être un emprunt rationalisé devint au fil des mois un titre de peu de valeur victime de l’inflation. Pour la deuxième tentative consécutive, la monnaie papier se solde par un échec sur le territoire français. Il faut attendre 1800 pour que la France se dote de billets de banque moderne émis par la Banque de France. Ceux-ci ne sont d’un usage courant dans la société française qu’à partir du milieu du Second Empire.

Louis-Napoléon-Bonaparte (1851-1852). 5 francs, Paris 1852.

A/. Tête nue à gauche. Barre graveur. Variété à tête étroite.

Argent. 24,96g.

La théorisation de la monnaie fiduciaire

Une monnaie fiduciaire (du latin fiducia, fidélité) est un système monétaire dont la valeur repose sur la confiance accordée à l’autorité émettrice. Dans l’exemple de notre société contemporaine, lorsque nous regardons les billets de la monnaie unique, la valeur nominale d’un billet de 10€ est supérieure à sa valeur intrinsèque (qui ne dépasse pas quelques centimes). Pour appréhender ce phénomène, il est primordial de comprendre la théorie du bimétallisme monétaire.

Jusqu’au XIXe siècle et depuis les prémices de l’histoire de la monnaie, le numéraire est fondé par l’or mais aussi par l’argent. Cependant, ce système présente de grandes faiblesses dans un contexte de grandes découvertes minières et d’économie de plus en plus mondialisée. En effet, la production massive d’or dans les mines sudafricaines et canadiennes mettent un coup d’arrêt au bimétallisme dans la décennie 1890.

Les Etats européens, endettés par la Grande guerre (1914 – 1918), ne parviennent plus à rétablir l’étalon-or selon lequel l’étalon monétaire (voir plus haut) est défini selon un poids fixe en or. Les banques centrales de nombreux pays ne parviennent pas à éviter la récession économiques malgré les tentatives d’assainissement du système de change de l’or. L’expansion économique américaine dans la première moitié du XXe siècle mène aux accords de Bretton Woods (juillet 1944) : le dollar est la seule monnaie à pouvoir être convertie en or. Mais les dépenses militaires avancées lors de la guerre du Viêt Nam (1955 – 1975) mettent un terme à la convertibilité du dollar en or sous la présidence de Richard Nixon. L’or a définitivement disparition du plateau des étalons monétaires en 1976 et les cours des différentes devises monétaires mondiales deviennent flottantes jusqu’à ce jour.