Qu’est-ce que l’obstétrique ?

L’obstétrique est une discipline médicale qui étudie la grossesse et l’accouchement.

Petit histoire de l’obstétrique

Durant l’Antiquité, des dieux sont considérés comme protecteurs des femmes enceintes et des accouchements, en particulier Junon dans la mythologie romaine ou encore Meskhenet dans la mythologie égyptienne. Le médecin grec Soranos (IIe siècle ap. J.C.) est considéré celui ayant posé les bases de la gynécologie et de l’obstétrique avec son traité Maladies des Femmes.

Au Moyen-Âge, les connaissances médicales stagnent et les enseignements antiques sont conservés uniquement par les savants arabes. L’obstétrique ne fait pas de progrès majeur pendant cette période. Néanmoins, dans les États italiens comme en France, des universités voient le jour, en particulier celle de Salernes, première école de médecine. Les différents sujets médicaux se développent. Ainsi, au XVe siècle, l’héritage gréco-romain, l’héritage arabo-musulman, ainsi que les universités médiévales préparent les connaissances de la Renaissance.

Par ailleurs, la religion chrétienne favorise la présence de sage-femmes pour l’accouchement plutôt que de chirurgiens, mais celles-ci n’ont généralement pas eu accès à une éducation adéquate.

Au XVIe siècle, le chirurgien français Ambroise Paré (début XVIe siècle – 1590), en plus de ses nombreuses contributions à la chirurgie, apporte de nombreuses innovations à l’obstétrique : césarienne, déchirure et réparation du périnée, contenues dans son traité De la génération de l’homme en 1573. Le médecin français François Rousset (1531 - 1587) publie en 1581 le premier ouvrage traitant de la césarienne. Par ailleurs, l’anatomie connaît un fort développement durant ce siècle grâce à la reprise des dissections humaines. Les progrès conjugués de l’anatomie et de la chirurgie permettent une évolution des connaissances en obstétrique.

Les premières illustrations anatomiques sont souvent fantaisistes et ne se basent pas sur des observations directes. Ainsi, des figures stéréotypées comme l’homme-zodiaque – associant les signes astronomiques du zodiaque aux parties du corps d’après une croyance antique – se retrouvent dans les manuscrits médiévaux. Le corps féminin est par ailleurs utilisée exclusivement pour la représentation de la grossesse et de l’accouchement. La représentation est centrée sur les appareils génitaux, le reste du corps est caché.

Au XVIIe siècle, François Mauriceau (1637 – vers 1709) fait figure d’autorité dans le domaine de la gynécologie et de l’obstétrique avec son Traité des maladies des femmes grosses et de celles qui ont accouchées, paru en 1694. Alde a par ailleurs vendu aux enchères ce rare traité d'obstétrique pour 2 806€ (Lot n°100 de la vente du 8 décembre 2014). La sage-femme française Louise Bourgeois (1563 – 1636), connue pour avoir aidé la reine Marie de Médicis lors de son accouchement, met par écrit ses observations dans un traité.

Au XVIIIe siècle, les forceps sont mis au point par les accoucheurs, ancêtres des sages-femmes. Le chirurgien français André Levret (1703 – 1780) apporte cet instrument en France. Avec les Lumières, la pensée rationaliste se propage et l’enseignement obstétrical se perfectionne. Citons cetatlas anatomique comprenant des planches de gynécologie et d’obstétrique, adjugé à 1 063€ (Lot n°301 de la vente du 15 février 2018).

Au XIXe siècle, la médecine hygiéniste se développe. Le gynécologue et chirurgien françaisJoseph Récamier (1774 – 1852) est à l’origine de l’obstétrique moderne. En outre, la Société Royale de Médecine est fondée par le premier médecin roi François de Lassonne (1717 – 1788) en 1776. Alde a par exemple vendu aux enchèresune lettre des médecins de la duchesse de Berry après son accouchement pour 2 155€ (Lot n°185 de la vente du 30 mai 2013).

MOREAU (François-Joseph). Traité pratique des accouchemens. Atlas de planches. Paris, Germer Baillière, 1837.

Édition originale d'un des plus beaux atlas d'obstétrique, présenté sans les 2 volumes in-8 de texte.

Il renferme 60 planches dessinées d'après nature par Émile Beau et lithographiées en noir par Louis Fourquemin, accompagnées d'un texte explicatif.