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Qu’est-ce que la chirurgie ?

La chirurgie est une discipline médicale qui consiste à réaliser des opérations à l’aide d’instruments.

Petite histoire de la chirurgie

Dès l’Antiquité, la médecine se développe. Le médecin grec Hippocrate (460 – 377 av. J.C.) théorise une relation entre les quatre éléments (air, eau, feu et terre) et les quatre humeurs (sang, bile, pituite et atrabile).

Le médecin grec Claude Galien (131 – Vers 201 ap. J.C.) reprend cette théorie et développe l’observation scientifique grâce à des dissections d’animaux. Son enseignement perdure jusqu’à la fin du XVIe siècle, notamment par le biais des savants arabes. Après la chute de l’Empire romain d’Occident en 395, de grands centres de sciences et d’arts naissent en Andalousie sous l’influence des califes. Les traductions des textes grecs sont découverts de nouveau en Occident.

Dans les États italiens comme en France, des universités voient le jour, en particulier celle de Salernes, première école de médecine. Les différents sujets médicaux se développent. Ainsi, au XVe siècle, l’héritage gréco-romain, l’héritage arabo-musulman, ainsi que les universités médiévales préparent les connaissances de la Renaissance.

Le XVIe siècle, siècle de l’humanisme et de la Renaissance, marque un renouvellement des connaissances médicales. Les textes antiques grecs sont traduits en latin et commentés de nouveau en Occident. L’anatomie connaît un fort développement durant ce siècle.

Le XVIe siècle voit également l’essor de la chirurgie avec le chirurgien français Ambroise Paré (début XVIe siècle – 1590) qui travaille sur la technique de ligature des artères et est également premier chirurgien du roi sous Charles IX et Henri II. Il publie en outre un petit traité en français – les traités étant alors en latin, langue peu connue des chirurgiens barbiers – à leur usage. Alde a vendu aux enchères deux livres de chirurgie par le célèbre chirurgien Ambroise Paré pour 4 200€ (Lot n°182 de la vente du 04 octobre 2013).

Dans la deuxième partie du XVIe siècle, la pratique de la chirurgie diminue en France et dans les États italiens, tandis qu’elle progresse en Allemagne.

Au XVIIe siècle, la création de l’Académie royale des sciences en 1666 stimule les recherches dans les domaines scientifiques. La transfusion sanguine est ainsi découverte. Par ailleurs, en 1731, l’Académie Royale de Chirurgie est créée par les maîtres chirurgiens de Paris, ce qui amène à une plus grande reconnaissance de cette profession, jusqu’ici moins bien reconnue. Cette institution est reconnue par Louis XV en 1748. Enfin, en 1776, le premier médecin roi François de Lassonne (1717 – 1788) fonde la Société Royale de Médecine. Alde a par exemple vendu aux enchères un traité de chirurgie comportant une partie théorique et une partie pratique rédigé par Pierre Pigray, chirurgien auprès de plusieurs rois pour 7 500€ (Lot n°112 de la vente du 11 juin 2018).

Le développement de l’antisepsie, grâce à l’acide phénique, permettant de combattre les infections causées par les opérations chirurgicales, réduit considérablement le taux de mortalité suite aux chirurgies.

Au XIXe siècle, la première partie du siècle est dominée par des innovations dans le domaine de la zoologie, de la botanique et de la chimie. Les guerres napoléoniennes concourent au développement de la chirurgie en raison des nombreux blessés. Alde a par exemple vendu aux enchèresdes lettres autographes d’Alexis Boyer, premier chirurgien de Napoléon Ier pour 4 514€ (Lot n°237 de la vente du 29 mai 2015).

Le chirurgien français Jean Cruveilhier (1791 – 1874) pose les bases de l’anatomie pathologique. Alde a par ailleurs vendu aux enchères pour 3 050€ une Anatomie pathologique du corps humain comprenant 233 planches anatomiques (Lot n°266 de la vente du 26 septembre 2017). La découverte de l’anesthésie chirurgicale en 1846, grâce à l’éther et par la suite le chloroforme, marque le début de l’ère de la bactériologie. L’ensemble de ces progrès, notamment en anatomie pathologie, permet un développement important de la chirurgie. Le XIXe siècle voit l’avènement de la médecine moderne.

Les livres médicaux

L’invention de l’imprimerie n’a tout d’abord pas de conséquence sur le contenu des livres médicaux, qui reprennent les manuscrits médiévaux traitant de médecine. Des textes anciens (Hippocrate, Galien), comme des nouveaux (André Vésale, Ambroise Paré) sont peu à peu publiés. Néanmoins, les livres médicaux font partis, avec les livres religieux, des livres les plus imprimés. Si en France, Lyon demeure la ville majeure pour l’impression des livres médicaux, les principaux centres de diffusion sont Venise et Bâle.

Les livres médicaux sont le plus souvent ornés de frontispices, qu’ils soient fantaisistes ou plus sérieux avec des allégories ou des représentations de Galien et Hippocrate. Au XVIIe siècle, on retrouve des scènes de la vie médicale, des leçons anatomiques et des allégories. Au siècle suivant, des sujets plus légers comme des amours ornent les frontispices.

Citons ce traité de chirurgieconcernant notamment des opérations nouvelles avec une magnifique reliure adjugée pour 2 500€ (Lot n°64 de la vente aux enchères du 24 octobre 2013).

Dans les planches anatomiques, le corps est souvent mis en scène. A l’inverse, il est représenté passif, aux mains du médecin, dans le cadre chirurgical.

Les techniques utilisées sont la lithographie et la chalcographie. La chromo-lithographie apporte par la suite des couleurs aux planches. Les années 1860 voient arriver la photographie.

PIGRAY (Pierre). La Chirurgie, mise en théorique et pratique : reduicte & distincte en douze livres. Paris, Jamet et Pierre Mettayer, 1600.

Édition originale, dédiée au roi.

Le traité se compose de deux livres de chirurgie théorique et dix livres de chirurgie pratique, traitant successivement des tumeurs, des plaies, des ulcères, des fractures et luxations, de diverses maladies comme la goutte et la pierre, affections gynécologiques, psychiatriques, etc., des empoisonnements, des maladies contagieuses, des saignées et clystères, et enfin des médicaments.

Précieux exemplaire de dédicace, réglé et revêtu d'une séduisante reliure en vélin doré aux armes et au chiffre d'Henri IV.